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Assemblée nationale du Québec

25 Avril 2013

 

Souligner le Jour de deuil national
en mémoire des victimes d'accidents du
travail et de maladies professionnelles

 
Mme Maltais: Merci. Alors, Mme la Présidente, je sollicite le consentement des membres de cette Assemblée afin de présenter, conjointement avec le député de Chomedey, le député de Lévis ainsi que le député de Mercier, la motion suivante:

«Que l'Assemblée nationale souligne aujourd'hui, en vue du 28 avril 2013, le Jour de deuil national en mémoire des victimes d'accidents du travail et de maladies professionnelles.

«Que cette commémoration nous rappelle que la santé et la sécurité des travailleurs est une priorité pour notre société.»

La Vice-Présidente (Mme Poirier): Alors, est-ce qu'il y a consentement pour débattre de cette motion? Il y a consentement. Sans débat ou avec débat?

M. Traversy: Mme la Présidente, il y a donc consentement pour débattre de cette motion pour un temps de parole d'environ une minute, en commençant, bien sûr, par la ministre du Travail, de l'Emploi et de la Solidarité sociale, suivie par le député de Chomedey, le député de Lévis ainsi que le député de Mercier.

La Vice-Présidente (Mme Poirier): ...Mme la ministre de la Solidarité sociale, de l'Emploi et du Travail.

 

Paroles de la ministre du travail

Mme Agnès Maltais

Mme Maltais: Merci, Mme la Présidente. Écoutez, nous honorons aujourd'hui la mémoire de ces travailleurs qui ont perdu leur vie sur les lieux de travail ou qui ont été victimes d'une maladie professionnelle. Nous honorons aussi leurs familles, leurs amis, leurs collègues. Et c'est d'ailleurs dans ce sens qu'il y a une nouvelle campagne de la CSST qui a été lancée parce qu'un accident de travail, ça ne frappe pas que la victime, ça frappe ses proches, ses collègues, tout le monde autour.

Le Bureau international du travail a décrété en 2003 le 28 avril Journée mondiale de la santé et de la sécurité du travail. Et le jour de deuil est un événement international qui a lieu dans plus de 70 pays en mémoire des victimes d'accidents du travail. Et, cette année, grâce à la collaboration des parlementaires et de l'Assemblée nationale, que je tiens à remercier, Mme la Présidente, ce jour de deuil sera célébré d'une façon particulière, puisque le drapeau de l'Assemblée nationale sera mis en berne dimanche en mémoire des victimes d'accidents de travail et de maladies professionnelles. C'est la première fois que ça se fera, et ce qu'on me dit, c'est que l'Assemblée nationale pourra le répéter dorénavant tous les ans. C'est un geste majeur. J'espère que, ce jour-là, nous penserons tous et toutes à ces familles, ces collègues, ces amis, ces gens qui ont été victimes d'accidents du travail.

Il y en a encore beaucoup au Québec. En 2012, 89 640 personnes ont été victimes d'un accident du travail ou d'une maladie professionnelle, et la CSST a recensé 211 décès. 211 décès en 2012. C'est presque une personne par journée ouvrable. Voilà pourquoi il faut honorer ces personnes, ces familles et célébrer, dans le sens de «honorer», ce jour du deuil. Merci, Mme la Présidente.

 
 

M. Christian Dubé

M. Dubé: Mme la Présidente, j'aimerais mentionner tout d'abord, comme je l'ai fait un peu plus tôt, que Mme Labrecque, qui est ici ce matin, a eu, malheureusement, à vivre avec un décès d'accident de travail. Et je veux, en votre nom, saluer sa présence parce qu'elle travaille, depuis cet accident, à faire ressortir des statistiques importantes sur les causes d'accidents de travail. Alors, je pense qu'en votre nom on pourra la remercier par la suite, malgré les événements qu'elle a connus.

En 2010, l'Assemblée nationale du Québec a fait le 28 avril le jour commémoratif des personnes décédées ou blessées au travail. Ce jour de deuil est aussi un événement international, on l'a dit, qui a lieu dans plus de 70 pays en mémoire des victimes d'accidents de travail, puisque le Bureau international du travail a décrété en 2003 le 28 avril Journée mondiale de la santé et de la sécurité au travail. Cette date constitue l'occasion de rendre hommage aux victimes et de souligner l'importance de la santé, mais aussi de la sécurité des travailleurs pour notre société. Nous devons rendre notre milieu de travail sécuritaire et prévenir, dans la mesure du possible, les accidents de travail et les maladies professionnelles, qui sont encore nombreuses. Nous tenons donc à honorer aujourd'hui la mémoire des victimes d'accidents de travail et de maladies professionnelles et rappeler l'importance de rendre tous nos milieux de travail le plus sécuritaires possible afin de prévenir ces drames.

Il est important de sensibiliser l'ensemble de la population québécoise au problème de soutenir nos efforts pour assurer la prévention, la formation et la supervision pour que ces accidents puissent s'éviter. Alors, j'aimerais saluer aussi l'initiative de la ministre pour avoir le drapeau en berne dimanche. Je pense que c'est une belle façon de saluer cet événement-là. Merci beaucoup.

 
M. le député de Mercier.
 
 

M. Amir Khadir

M. Khadir: Mme la Présidente, Michel Chartrand, qui nous a quittés il y a tout près de trois ans, répétait toujours qu'il faut arrêter de perdre sa vie à essayer de la gagner. Pour cette raison, avec des ouvriers, des travailleurs et travailleuses, il y a 30 ans, si on se rappelle bien, Michel Chartrand a fondé le Fonds d'aide aux travailleurs accidentés avant que, collectivement, on mette sur pied des mécanismes et surtout une institution, des moyens de l'État, fournis par les travailleurs, pour reconnaître cette réalité et surtout soutenir nos travailleurs frappés par les accidents de travail ou les familles des personnes qui ont perdu la vie au travail. Encore trop de personnes, trop de travailleurs, trop d'employés se blessent ou perdent la vie.

On devrait, à l'occasion de cet anniversaire, en profiter peut-être pour réfléchir sur une dérive que nous constatons depuis maintenant plus 10 ans à la CSST. On est aujourd'hui devant une situation à Ottawa, qu'on déplore, où l'attitude du gouvernement fait en sorte que tout chômeur est considéré suspect jusqu'à preuve du contraire. Or, tout près de nous, dans notre cour, il y a une culture qui s'est installée, malheureusement, je le déplore, au sein de la CSST, qui considère tout travailleur réclamant pour des lésions professionnelles plus simples, plus difficiles à faire reconnaître comme suspect jusqu'à preuve du contraire. Comme médecin, j'en ai été témoin, parfois dans des circonstances qui ont abouti à des événements tragiques, poussé des travailleurs au suicide à cause de l'humiliation subie aux mains de certains commissaires trop zélés à la Commission de la sécurité et de la santé au travail. Donc, si nous le soulignons aujourd'hui, nous devons rappeler que la mission première de la CSST, c'est d'avoir un préjugé favorable pour les travailleurs et les travailleuses lésés au travail.

Mise aux voix

La Vice-Présidente (Mme Poirier): Merci, M. le député de Mercier. Alors, est-ce que la motion est adoptée?

Des voix: Adopté.

La Vice-Présidente (Mme Poirier): M. le leader adjoint.

M. Traversy: Mme la Présidente, la motion est adoptée, et nous vous demanderions une minute de silence pour l'occasion.

La Vice-Présidente (Mme Poirier): Tout à fait. Alors, j'invite tout le monde à se lever.